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Bref regard en arrière
Ensemble, nous faisons la Suisse
Bref regard en arrière Le Centre de Contact Suisses-Immigrés (CCSI) est né en 1974, sous la houlette du Centre Social Protestant et avec l’appui des associations de migrant-e-s espagnoles, italiennes et portugaises. Cette période est caractérisée par un climat de tension et d’hostilité à l’égard des personnes migrantes, et celles-ci n’osent guère apparaître publiquement. Le CCSI leur offrira une tribune d’expression et de revendication. Il s’agit alors de promouvoir la vie associative des immigré-e-s, tout en sensibilisant la population suisse à la condition des étrangères et étrangers vivant sur son territoire. Parallèlement, le CCSI cherche à regrouper associations, syndicats, partis, etc. afin de lutter contre les courants xénophobes. Une genèse à caractère plutôt défensif, donc, où de multiples manifestations (campagnes politiques, débats publics, conférence de presse, fêtes inter-culturelles,…) voient le jour. La prise de conscience de la réalité des migrant-e-s, alliée à un important travail de réflexion sur les lois migratoires, amène le CCSI à s’engager dans une série d’initiatives en faveur d’une nouvelle politique, ancrée sur l’égalité des droits et sur la dignité de la personne. Ces initiatives (qui demandent notamment l’abolition du statut de saisonnier, l’octroi des droits politiques aux immigré-e-s, l’égalité des droits en matière de logement et de vie de famille, etc.) sont toutes refusées. Au début des années 80, le CCSI décide de poursuivre son activité sur le plan politique, tout en s’efforçant de répondre aux problèmes quotidiens que rencontrent les migrant-e-s et leur famille. C’est le début d’un travail de terrain pour trouver des solutions aux difficultés rencontrées en matière de permis de séjour, de scolarisation des enfants et de formation professionnelle des jeunes, ainsi que dans les contacts avec les diverses administrations. A travers l’accompagnement des migrant-e-s dans leurs démarches s’est développée une bonne collaboration avec les services sociaux, l’institution scolaire, les professionnel-le-s de la santé, les Maisons de Quartier, etc. Peu à peu, le CCSI prend donc la forme qu’il a aujourd’hui : à côté du regroupement d’associations se constitue un réseau de personnes intéressées à travailler, à titre individuel ou professionnel, autour du thème de la migration. D’hier… Le Centre de Contact, c’est la participation à l’initiative "Être solidaires" pour l’abolition du statut de saisonnier au début des années 80. C’est le combat pour le droit à la scolarisation des enfants sans papiers, qui a passé par la création d’une école "clandestine" ! Heureusement, en 1991, l’école genevoise leur a officiellement ouvert ses portes. C’est, avec Mondial Contact, le rapport sur l’intégration dans le canton de Genève. Ce document a donné lieu à l’élaboration de la loi sur l’intégration, votée en 2001 par le Grand Conseil genevois, puis à la création du Bureau de l’intégration des étrangers en 2002. Ce sont diverses publications, dont "Histoires de vie, histoires de papiers", parue en 2002, qui retrace le quotidien d’adolescent-e-s sans statut légal. C’est aussi un film, "Un train qui arrive est aussi un train qui part", composé de six courts-métrage réalisés par des jeunes à partir de leur parcours migratoire. …à aujourd’hui Le Centre de Contact, ce sont quatre permanences d’écoute, appui administratif et de conseil juridique aux migrants-e-s à Genève :
C’est la volonté que les étrangères et étrangers de ce pays deviennent des citoyen-ne-s à part entière, en leur octroyant les droits politiques : l’initiative "J’y vis, j’y vote est le dernier épisode de ce feuilleton, pour lequel nous espérons un happy end en 2005 ou 2006 (date probable de la votation sur cet objet). Enfin, c’est la participation critique au débat politique concernant la migration en Suisse : prise de position contre le projet de Loi sur les Etrangers (LEtr), demande de régularisation collective des Sans-Papiers, revendication de l’égalité de traitement pour tous les migrant-e-s une fois installé en Suisse, etc. Trois décennies d’engagement, ça se fête ! Cet anniversaire ne se veut pas tourné vers le passé, mais bien plutôt un moment privilégié pour renforcer nos liens avec les personnes, associations et institutions qui travaillent avec et autour de l’immigration. Pendant ces 30 dernières années, la population a beaucoup changé. On ne peut pas ignorer aujourd’hui que la société est pluriculturelle. Cependant, les institutions (écoles, hôpitaux, administrations,…) conservent souvent leur caractère monoculturel et ne tiennent pas pleinement compte des changements qui se sont opérés. Malgré les nombreux efforts accomplis, Les dispositifs d’accueil et d’intégration ont de la peine à émerger. Quant à la législation en place en matière de séjour et d’établissement, elle exclut les ressortissant-e-s extra-communautaires, et le projet de loi destiné à la remplacer reprend la même logique discriminatoire. Les vieux stéréotypes circulent encore et toujours… En outre, les ressources des populations migrantes ne sont que rarement reconnues comme un apport fondamental à notre patrimoine commun. Dans une situation sociale, économique et politique préoccupante, notre rapport à la migration - reflet de notre rapport à l’autre en général -est un enjeu de société fondamental. Nous voulons, à l’occasion de notre anniversaire, plaider pour un nouveau contrat social où les migrant-e-s seraient de véritables partenaires. Nous appuyer sur les expériences du passé pour mieux penser les actions présentes et les projets futurs. |